Dame Lailly
Préserver le patrimoine. Imaginer son avenir.
51 rue de la Trépinière, Lailly-en-Val, 1850
Lailly n'est pas un projet immobilier
C'est un point d'origine.
C'est le lieu de l'enfance.
  • Les étés longs.
  • Les silences du soir.
  • Les étoiles visibles sans filtre.
  • La Loire à quelques pas.
  • Le calme qui enveloppe.
Mais Lailly porte aussi autre chose.
  • Deux deuils à deux mois d'intervalle.
  • Des responsabilités assumées seule.
  • Des décisions prises sans filet.
  • Un passé resté en suspens pendant trente ans.
Parler de Lailly, c'est parfois pleurer.
Parce que certains lieux ne sont pas des bâtiments.
Ce sont des fragments de vie.
Revenir n'est pas revenir en arrière
Revenir à Lailly, ce n'est pas nostalgique.
Ce n'est pas se réfugier.
C'est regarder une histoire en face.
Décider quoi en faire.
Choisir de transformer plutôt que d'abandonner.
La maison n'est pas parfaite.
Elle demande du courage.
Du temps.
Des moyens.
Des choix.
Elle impose une question simple :
Est-ce que je prends le risque d'être fidèle à moi-même ?
Un projet de transformation
S'occuper de Lailly, c'est assumer.
Assumer les risques.
Assumer les décisions.
Assumer les responsabilités.
Ce n'est pas un projet de confort.
C'est un projet d'alignement.
Lailly devient alors plus qu'une maison.
Elle devient un acte.
Un acte d'autonomie.
Un acte de reconstruction.
Un acte de fidélité à l'enfance sans rester prisonnière du passé.
Seule ou pas
Lailly est sur la route.
Seule ou pas.
Parce que ce lieu ne dépend pas d'un contexte.
Il dépend d'un choix intérieur.
Ce n'est pas une maison qu'on restaure.
C'est une part de soi qu'on remet debout.
Lailly-en-Val, Loiret
La maison
Une maison de village à Lailly-en-Val.
Aux volets bleus.
Avec ses dépendances qui racontent le temps.
Un jardin arboré où la verdure reprend ses droits.
Des arbres qui ont vu passer les saisons.
Des murs en pierre qui respirent encore.
Ce n'est pas une demeure spectaculaire.
C'est une maison simple, ancrée dans son village.
Mais elle contient tout ce qui compte.
Chapitre 1
Histoire et ancrage familial
Six générations, deux siècles, une mémoire
Entre Val de Loire et Sologne
Située à Lailly-en-Val, dans le périmètre du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, cette maison est un témoin de l'histoire rurale du Loiret. Deux bâtiments figurent sur le cadastre napoléonien (antérieur à 1830). La propriété est transmise dans la même famille depuis six générations, soit près de deux siècles.
Mes aïeux étaient paysans, exploitant des terres en fermage — pratique typique des campagnes du XIXᵉ siècle. Cette maison de village modeste incarne le bâti rural du Val de Loire : moellons en calcaire, brique locale, architecture sobre et fonctionnelle.
Un héritage de résistance
Ce bien est le dernier témoin matériel de mon histoire familiale. Je suis la petite-nièce de Raymond Losserand, résistant aux côtés de Jean Moulin, « Mort pour la France ». Une rue de 1,6 km dans le 14ᵉ arrondissement de Paris porte son nom.
Son épouse, Louise Losserand, fut déportée dans l'unique convoi de résistantes françaises, le convoi dit des « 31 000 », à Auschwitz, avec Danièle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Charlotte Delbo.
Raymond Losserand et son frère Siméon Losserand (mon grand-père) y ont vécu enfants.
Trente ans pour faire le deuil
En 1993, à l'âge de 19 ans, j'ai perdu successivement ma grand-mère puis mon père, derniers dépositaires directs de cette mémoire. Il m'a fallu plus de trente ans pour faire mon deuil et envisager la restauration de ma maison, avec respect et discernement.
Une restauration guidée par la tradition
Soucieuse de préserver l'authenticité du bâti, j'ai interrompu en 2010 un projet de rénovation moderne, un mois avant les travaux. Ce choix a préservé l'intégrité des structures d'origine.
Depuis plus de trois ans, je suis adhérente active de Maisons Paysannes de France (délégation du Loiret – MPF45). J'ai acquis une meilleure compréhension de la lecture des bâtis anciens, des techniques traditionnelles, des matériaux adaptés (chaux, pierre, bois, briques locales) et des savoir-faire vernaculaires.
Je participe à des chantiers participatifs. Je viens de terminer une collaboration avec un maçon du patrimoine pour restaurer un mur de grange menaçant de s'effondrer : démolition et reconstruction à la chaux d'un mur de 9 m² en moellons.
Chapitre 2
État des lieux
Ce que le temps a laissé
Quand Sabine Losserand a poussé la porte pour la première fois, la maison dormait. Les volets étaient clos depuis des années, la vegetation avait commencé à embrasser les murs, et l'humidité s'est installée comme une locataire silencieuse. Pourtant, sous la patine du temps, tout était là : la noblesse des proportions, la chaleur des matériaux, la lumière qui trouvait encore son chemin à travers les vitres poussiéreuses.
Documenter cet état initial a été la première étape essentielle. Photographier chaque fissure, chaque détail, chaque trace — non pas comme un inventaire de dégâts, mais comme un portrait intime du lieu avant sa métamorphose. Ces images, complétées par une observation attentive et des croquis minutieux, ont nourri l'imagination et la vision créative, devenant la fondation d'un projet mené en dialogue avec des artisans et experts du patrimoine, bien plus ambitieux qu'une simple restauration.

🌿 Philosophie du projet
« Je ne veux pas effacer les rides de cette maison. Je veux comprendre ce qu'elles racontent, et bâtir la suite de l'histoire avec elles. »
— Sabine Losserand
Chapitre 3
La Renaissance
Dame Lailly : un site pour raconter
Au cœur de cette renaissance, une autre brique est posée, non pas en pierre, mais en mots et en images : le site Dame Lailly. Conçu comme le fil d'Ariane de cette aventure, il est à la fois le carnet de bord du projet et la voix de ce cheminement singulier. Il ne s'agit plus seulement de restaurer un bâti, mais de tisser un récit, d'observer chaque étape avec une attention méticuleuse, de croquer chaque découverte, et de partager cette passion avec un public curieux et engagé. Le site devient le témoin vivant d'une transformation, une invitation à suivre la métamorphose de cette demeure endormie.
Documenter
Observations attentives, croquis et récits détaillés de chaque phase de l'aventure, pour créer une mémoire vivante du lieu.
Partager
L'histoire de la maison, les avancées du chantier, les défis rencontrés et les joies des découvertes, offerts au public.
Inspirer
Explorer la vision créative du projet, les choix architecturaux sensibles et les solutions réfléchies, pour susciter l'envie et la contemplation.
Rassembler
Créer une communauté autour du projet, favoriser les échanges, les témoignages et les nouvelles perspectives.
Plus qu'une simple vitrine, "Dame Lailly" s'affirme comme un journal intime ouvert au monde, un espace où la mémoire de la maison se construit au fil des jours, où les échanges nourrissent le projet, et où l'inspiration circule. C'est le lieu de rencontre entre le passé murmure et le futur qui se dessine, un véritable carrefour d'histoires et d'émotions.
Avant / Après — Une vision du possible
L'un des gestes les plus puissants de ce projet est la mise en regard du réel et du projeté. Grâce à une documentation photographique méticuleuse, à des croquis préparatoires et à une imagination fertile, Sabine peut superposer la maison dans son état actuel avec des propositions de rénovation respectueuses, créant un dialogue visuel saisissant entre ce qui existe et ce qui pourrait advenir.
Aujourd'hui
La façade porte les stigmates du temps. L'enduit s'effrite, la toiture demande attention, mais les fondations tiennent bon. La structure est saine — elle attend simplement qu'on lui redonne souffle.
Demain
La vision créative imagine une restauration à la chaux naturelle, des menuiseries en bois retrouvées, un jardin recomposé, le fruit d'un dialogue approfondi avec des artisans et experts du patrimoine. Pas un lifting — une convalescence poétique, où chaque choix honore la mémoire du lieu.
Chapitre 4
Journal de bord
Chronique d'une renaissance — 2022-2026
Août 2022 — Retour sur site & mémoire familiale
Première visite après environ 30 ans sans passage au cimetière. Redécouverte de la maison d'enfance. Évaluation de l'état général. Déclenchement d'une réflexion sur l'avenir du bien.
Octobre 2022 — État des lieux & réflexion stratégique
Nouvelle présence sur site. Observation du village et de l'environnement (Loire, cadre naturel). Analyse de la sépulture familiale. Premiers arbitrages financiers envisagés : vente ou location d'un autre bien, possibilité de financement complémentaire.
Année 2023 — Mise en mouvement
Présences régulières à Lailly. Travaux ponctuels. Étude de récupération de menuiseries bois. Organisation logistique progressive.
Août 2024 — Coordination & accès
Séjours sur place. Gestion des accès (clés). Synchronisation de passages sur site.
Novembre 2024 — Incident structurel
Effondrement partiel d'un élément de grange. Estimation de travaux urgents : 7 000 € à 9 000 €. Nécessité de sécurisation. Problématique de mobilité (besoin de véhicule dédié).
Mai 2025 — Travaux de couverture & sécurisation
Intervention sur toiture. Mur de grange fragilisé. Coordination d'entreprises. Déplacements répétés. Recherche et pose d'une bâche de protection.
Janvier 2026 — Phase chantier active
Gestion d'éléments lourds en pierre (linteaux). Envoi de photos et vidéos aux artisans. Organisation de déplacements en train. Structuration de l'aide extérieure. Coordination technique renforcée.
Février 2026 — Consolidation & projection
Finalisation administrative préalable à accélération des travaux. Structuration d'un réseau local. Confirmation de la poursuite du projet.
Chapitre 5
La Vision
Patrimoine rural : l'art de la renaissance
Pourquoi préserver plutôt que démolir ?
Chaque maison ancienne détruite, c'est une page arrachée au livre du paysage. Les matériaux d'hier — pierre, bois, terre crue — ont une empreinte carbone incomparablement plus faible que le béton neuf. Rénover, c'est un acte écologique autant que culturel.
La maison de Lailly-en-Val n'est pas un musée. C'est un laboratoire vivant où le passé et le futur apprennent à cohabiter.
L'humain au service du sensible
Ici, la démarche est celle de l'observation attentive et de l'échange : analyser les pathologies du bâti, élaborer des scénarios de rénovation à travers le croquis et l'imagination, documenter avec précision chaque détail à l'aide de la photographie et du dialogue avec les artisans.
Cette approche ouvre la voie à d'autres projets similaires, partout en France rurale. Chaque maison paysanne mérite qu'on lui offre cette chance : être vue, comprise, et accompagnée vers un avenir digne de son passé.
Écologie des matériaux
Privilégier la réparation et les matériaux biosourcés plutôt que la démolition-reconstruction.
Mémoire collective
Chaque maison raconte un territoire. La préserver, c'est maintenir vivant le lien entre les générations.
Vision créative
Utiliser l'imagination et l'expertise artisanale non pour transformer, mais pour révéler et accompagner ce qui existe déjà.
Et si chaque maison ancienne avait sa chance ?
Le projet de Lailly-en-Val n'est qu'un début. Partout en France, des milliers de maisons paysannes attendent — dans les villages de Sologne, du Berry, du Perche, de Normandie, d'Auvergne. Des bâtisses modestes mais magnifiques, souvent condamnées faute de regard, de moyens, d'imagination.
Documenter
Constituer un inventaire sensible des maisons rurales menacées, en associant observation attentive, documentation photographique, croquis et récit.
Accompagner
Proposer aux propriétaires des outils accessibles — dialogue avec des artisans, imagination et vision créative, conseils patrimoniaux — pour envisager une rénovation éclairée.
Transmettre
Partager les savoir-faire, les retours d'expérience et les récits pour inspirer d'autres projets à travers le territoire.
« Une maison n'est jamais seulement un bâtiment. C'est un morceau de terre qui s'est mis debout. »
Écrire la suite ensemble
Ce projet vit grâce à celles et ceux qui partagent cette conviction : le patrimoine rural mérite notre attention, notre créativité et notre engagement. Que vous soyez passionné·e d'architecture, propriétaire d'une maison ancienne, artisan·e, chercheur·se, élu·e local·e ou simplement touché·e par cette histoire — votre voix compte.
Restons en lien
Pour suivre l'avancement du chantier, recevoir les carnets de bord, ou simplement échanger autour du patrimoine et des approches sensibles et artisanales du bâti ancien :
  • ✉️ contact@ladamedelai.fr
  • 📍 Lailly-en-Val, Loiret (45)
  • 🌐 Suivez le projet sur les réseaux
Comment participer ?
Vous connaissez une maison qui mériterait d'être sauvée ? Vous avez des compétences à partager ? Vous souhaitez soutenir le projet ? Chaque geste, chaque regard, chaque partage contribue à cette renaissance.

Dame Lailly — Un projet de Sabine Losserand · Lailly-en-Val · 2024-2025